Booster la souveraineté énergétique pour notre sécurité et notre qualité de vie
C’est sans équivoque que le climat change, et de manière impressionnante ! Le système de production carboné et mondialisé en est responsable. Non seulement notre sécurité et notre économie sont en péril, mais aussi et surtout le vivant et l’humanité. Les Vert·e·s neuchâtelois·es insistent sur l’accélération du dérèglement climatique en Suisse et ailleurs et montrent la voie pour une décarbonation de la société, pour plus de sécurité tant climatique qu’énergétique.
Le jeu des grandes puissances met à mal les équilibres globaux, qu’ils soient sociaux, environnementaux, économiques ou sociétaux. La guerre lancée par la Russie contre l’Ukraine et celles se déroulant au Moyen-Orient mettent une pression considérable tant sur les institutions et le droit international que sur le porte-monnaie des citoyennes et des citoyens. Alors que le prix de l’essence oscillait entre CHF 1,10 à CHF 1,70 par litre lors de la précédente décennie, les événements récents l’ont vu varier de CHF 1,20 à CHF 2,20 le litre, entre la chute de la demande due au COVID, la reprise économique et la guerre d’agression menées par la Russie. Ces variations conséquentes illustrent la très forte volatilité des prix des ressources énergétiques carbonées que nous importons et qui coûtent à l’économie suisse plus de 10 milliards par année. Toujours fortement dépendante aux énergies fossiles et aux engrais de synthèse, notre agriculture en est l’une des premières victimes. La fragilité de notre souveraineté alimentaire en devient patent.
De même, les attaques lancées sur les infrastructures énergétiques des Pays du Golfe et le blocage du détroit d’Ormuz illustrent la très forte vulnérabilité de la chaîne d’approvisionnement des produits pétroliers et gaziers. Les évènements géopolitiques récents illustrent la très forte dépendance de notre société aux régimes autocratiques du Golfe et des Etats-Unis. Nous ne pouvons donc plus nous permettre d’être utilisés comme des pions par les puissances carbo-impérialistes. Pour un futur enviable, pour plus de sécurité, pour ne plus devoir être complices, même passifs, de massacres, il nous faut être aujourd’hui plus souverain énergétiquement.
Pour rappel, au niveau global, les températures ne cessent d’augmenter depuis les années 60 – les années 2015 à 2025 étant les plus chaudes depuis le début des mesures. L’année 2025 que nous venons de quitter a ainsi été la troisième plus chaude avec près de 1,5°C au-dessus de la moyenne préindustrielle 1850-1900. Les phénomènes extrêmes s’intensifient eux aussi, entre montée des eaux sur les littoraux ou encore recul et disparition des glaciers.
En Suisse, le réchauffement climatique est près de deux fois plus fort qu’au niveau global, avec une moyenne de 2,8°C sur les années 2016-2025 par rapport à la moyenne 1871-1900. La période de végétation est ainsi avancée de 5 à 7 semaines. Les pluies ont gagné tant en intensité qu’en fréquence alors même que les étés sont nettement plus secs et les vagues de chaleurs plus fréquentes et extrêmes. Ce sont tant les êtres vivants et les biotopes que le fonctionnement de notre société qui sont mis à l’épreuve.
Au vu de la situation environnementale qui s’aggrave et des tensions géopolitiques et économiques actuelles, les autorités doivent urgemment réagir pour freiner les risques sociaux, environnementaux, économiques ou sociétaux à court, moyen et long terme.
C’est pourquoi les Vert·e·s neuchâtelois·es rappellent la nécessité de sortir rapidement de la dépendance aux énergies fossiles
– En accélérant et intensifiant la mise en œuvre du Plan climat ;
– En soutenant un mix énergétique décarboné et sans nucléaire ;
– En reconnaissant les risques sécuritaires de la dépendance aux énergies fossiles (motion Chollet 26.3456) ;
– En appliquant les principes de l’économie circulaire (postulat Climat et Énergie 26.122) ;
– En accélérant massivement la rénovation et la construction de bâtiments exemplaires d’un point de vue énergétique ;
– le Canton devant assumer un rôle d’exemplarité ;
– En valorisant les déplacements à faible impact climatique via la promotion de la mobilité douce, des transports publics, du covoiturage et de l’autopartage ;
– En passant d’une mobilité thermique à une mobilité électrique ;
– En obligeant la place financière à cesser tout investissement dans les énergies fossiles ;
– En introduisant un impôt temporaire sur les surprofits générés à la suite des guerres en Ukraine et au Moyen-Orient dans les secteurs de la production et du commerce d’énergie (motion Klopfenstein, 26.3495).
La résolution est à retrouver ici en version pdf.