Le retour durable du loup transforme profondément les conditions d’exercice de l’élevage dans l’Arc jurassien. Face à cette nouvelle réalité, les réponses restent aujourd’hui largement cantonales alors que les meutes ignorent les frontières administratives. Les Vert·e·s de six cantons de l’Arc jurassien lancent une démarche politique commune afin de construire une stratégie coordonnée de protection des troupeaux. Parmi les mesures prioritaires figure la création d’un programme intercantonal d’élevage, de formation et de mise à disposition de chiens de protection adaptés aux spécificités de notre région.

 

Construire une vision commune pour l’Arc jurassien

La politique fédérale actuelle de protection des troupeaux a principalement été pensée pour les Alpes et les élevages ovins. Dans l’Arc jurassien, les réalités sont différentes : les attaques concernent de plus en plus les bovins, les pâturages sont proches des habitations, des routes et des chemins de randonnée, tandis que les meutes occupent des territoires couvrant plusieurs cantons et la frontière franco-suisse.

Cette situation appelle une réponse adaptée aux spécificités jurassiennes. Il ne s’agit plus seulement de gérer les attaques lorsqu’elles surviennent, mais de préparer l’élevage à une cohabitation durable avec les grands prédateurs. Cela suppose une vision commune, des échanges renforcés entre cantons et le développement d’outils adaptés à notre territoire.

 

Les chiens de protection : un enjeu devenu intercantonal

Les chiens de protection constituent un moyen reconnu de réduire les attaques lorsqu’ils sont correctement sélectionnés, socialisés, formés et suivis. Or, depuis le retrait de la Confédération du programme national d’élevage, les cantons se retrouvent en première ligne pour garantir la disponibilité de chiens répondant aux exigences de qualité et de sécurité.

Développer chacun sa propre filière n’aurait guère de sens. Une approche coordonnée permettrait au contraire de mutualiser les compétences, harmoniser les standards de sélection et de formation, sécuriser l’approvisionnement en chiens adaptés aux réalités de la région et mieux accompagner les éleveuses et éleveurs. Un élevage rigoureux et une formation exigeante garantissent à la fois leur efficacité auprès des troupeaux et la sécurité de la population.

 

Une démarche politique commune

Au cours des prochains mois, des interventions parlementaires seront déposées dans les différents cantons de l’Arc jurassien afin d’étudier la création d’un programme intercantonal d’élevage, de formation et de mise à disposition de chiens de protection.

Cette démarche constitue une première étape. Les Vert·e·s souhaitent ouvrir un chantier plus large visant à adapter progressivement l’élevage à la présence durable des grands prédateurs. Les chiens de protection n’en sont qu’un élément parmi d’autres. L’objectif est de construire, avec les milieux agricoles, les autorités, les scientifiques et les organisations concernées, une stratégie cohérente permettant d’assurer sur le long terme une cohabitation harmonieuse entre agriculture, biodiversité et activités humaines dans l’Arc jurassien.

Genève, Lausanne, Neuchâtel, Berne, Delémont, Liestal, le 29 juin 2026

Les écologistes de l’Arc jurassien ont présenté à la presse la nécessité d’une coordination jurassienne de l’élevage jurassien des chiens de protection (de gauche à droite, Céline Bartolomucci, députée au Grand Conseil genevois ; Sonia Burri-Schmassmann, députée au Parlement jurassien ; Martine Gerber, députée au Grand Conseil vaudois ; Clarence Chollet, Conseillère nationale neuchâteloise. Manquent sur la photographie Dominique Zbinden, députée au Grand Conseil de Bâle-Campagne, et Cyprien Louis, député au Grand Conseil bernois).